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Abolition de l'esclavage

Le 10 mai, date anniversaire de l'abolition de l'esclavage par le sénat français, ce jour honore « le souvenir des esclaves »

Le 10 mai est devenu, depuis l'année dernière, date anniversaire de l'adoption à l'unanimité par le Sénat de la loi qui a fait de la France le premier pays au monde à inscrire dans la loi la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité. Ce jour honore « le souvenir des esclaves » et commémore « l'abolition de l'esclavage ».

L'esclavage désigne la condition sociale de l'esclave, un travailleur non libre et généralement non rémunéré qui est juridiquement la propriété d'une autre personne et donc négociable, au même titre qu'un objet. Au sens large, l'esclavage est le système socio-économique reposant sur le maintien et l'exploitation de personnes dans cette condition. En France, il est considéré comme un crime contre l'humanité. Les esclaves sont tenus d'obéir à tous les ordres de leur maître depuis leur naissance (ou capture, ou passage à l'état d'esclave) jusqu'à leur mort (ou parfois leur libération, ou affranchissement). En tant que propriété, l'esclave peut faire l'objet des transferts inhérents à la notion de propriété : on peut donc l'acheter, le vendre, et même le louer. L’esclave se distingue du captif ou du forçat, conditions voisines dans l'exploitation, et de la bête de somme, par un statut juridique propre, déterminé par les règles et les lois en vigueur dans le pays et l’époque.

Etymologie

Le terme "moderne" esclavage vient du latin médiéval sclavus déformation de slavus (le slave), de grec sklabos. Le mot «esclave» serait apparu au Haut Moyen Âge à Venise, où la plupart des esclaves étaient des Slaves des Balkans (une région qui s'est longtemps appelée «Esclavonie» et qui est récemment devenue indépendante, sous le nom de «Slovénie»). Rome pratiquant l'esclavage, le latin disposait évidemment d'un terme pour désigner l'esclave: servus, qui a conduit aux termes servile et servilité (relatifs à l'esclave et à sa condition), ainsi qu'aux termes serf du Moyen Âge et aux modernes service, serviteur, etc. (avec des évolutions dans le sens).

Le Commerce

L'existence de l'esclavage entraîne logiquement l'existence d'un commerce des esclaves souvent étudié séparément. Cela découle de plusieurs constantes dans les différentes formes d'esclavage. L'esclave répond en effet constamment à certains critères. Il est considéré comme relevant de la propriété privée (certaines civilisations ayant cependant connu des esclaves publics), mais est généralement d'origine étrangère, ou relève du moins d'une ethnie différente de l'ethnie dominante. Les réseaux commerciaux ont évolué en fonction du "marché". Tourné vers l'Europe dans l'Antiquité et au cours du Moyen Âge, le commerce européen des esclaves a évolué vers une forme transatlantique à l'époque moderne, dite de commerce triangulaire, tandis que le commerce musulman des esclaves est resté à destination des pays musulmans depuis les zones d'approvisionnement tradionnelles du monde musulman (Afrique Noire, Europe, mer Noire) jusqu'au XIXe siècle. Cette traite a ainsi permis au Nouveau Monde et aux économies européennes de se développer rapidement, grâce à une main-d’œuvre corvéable et bon marché, importée d'Afrique noire du XVIe siècle au XIXe siècle. Les estimations du nombre de déportés varient, selon les auteurs, de 11 millions (pour Olivier Pétré-Grenouilleau) à 50 millions (pour Victor Bissengué) en 1789.

Abolitionnisme et abolitions

La première trace d'une abolition de l'esclavage est la série de lois édictées en 958 par Gwangjong, le quatrième roi du royaume de Koryo (Corée actuelle), mais les invasions qui ont suivi ont balayé cette réforme. En Europe à la même époque, les marchés aux esclaves sont progressivement interdits, sous l’influence de l’Église (voir sainte Bathilde). L'Empire du Mali interdit à son tour l'esclavage au XIIIe siècle, sous Soundiata Keïta (il sera rétabli en 1591 par le pacha marocain Djouder, puis à nouveau aboli en 1891 avec l'arrivée des Français). En Europe, le Portugal fut le premier pays à abolir l'esclavage par un décret du 12 février 1761 (Marquis de Pombal).
En France, le 16 pluviôse an II (4 février 1794), la Convention vote l'abolition de l' esclavage dans les colonies françaises (ou ce qu'il en reste). Cette mesure méritante, sera abrogée par Napoléon Bonaparte. Il l'est en 1833 en Angleterre et 1847 dans l'Empire ottoman. La France attend ainsi 1848, année qui voit Victor Schoelcher faire adopter le décret d'abolition définitif pour ce qui concerne l'hexagone.

En 1865 les États-Unis promulguent le 13e amendement interdisant l'esclavage. La question de l'esclavage, en partie révélée par le livre La Case de l'oncle Tom conduisit Abraham Lincoln à promettre son abolition s'il était élu. Son élection conduisit donc les États du Sud à demander la Sécession. Celle-ci leur fut refusée (elle aurait en effet privé les caisses fédérales de l'essentiel de ses impôts), conduisant à la guerre civile. La Guerre de Sécession qui en suivit sera la plus meurtrière de toute l'histoire de ce pays.

En droit positif la prohibition de l'esclavage est contenue dans les articles 4 de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Déclaration universelle des Droits de l'homme, l'article 8 du Pacte des droits civils et politiques de l'ONU, dans la convention de Genève de 1926, de New York de 1956, de l'OIT de 1930 et 1936.

Persistances de l'esclavage

L'esclavage n'a cependant pas totalement disparu dans certaines régions du monde, comme la péninsule arabique ou le sous-continent indien. L'Organisation internationale du travail (OIT) estime à 25 millions le nombre de personnes vivant actuellement dans des conditions assimilables à de l'esclavage, d'où le terme d' « esclavage moderne ». Selon l'ONU, chaque année, deux millions de personnes sont réduites en esclavage.

L'esclavage réapparaît actuellement au Soudan. Les Musulmans du nord ont rétabli la Charia lors de la décolonisation et l'appliquent de force aux noirs chrétiens et animistes du sud qui se sont rebellés. Ceux-ci, repoussés dans la Province Équatoriale, la plus insalubre, ont résisté de leur mieux depuis l'indépendance. Aussi les forces gouvernementales ont-elles massacré les populations civiles de nombreux villages et continuent à y enlever de nombreux enfants pour les convertir à l'islam et les utiliser comme esclaves à Khartoum.
Dans les pays développés, par extension et suite à l'évolution des points de vue, le politiquement correct considère d'autres situations assimilables à de l'esclavage moderne :

- le proxénétisme dont le tourisme sexuel
- le travail clandestin
- certaines conditions de travail comme le travail des enfants par exemple

En 2000, l'UNICEF estimait que 200 000 enfants étaient retenus en esclavage en Afrique centrale et occidentale. D'après l'Organisation Internationale des Migrations (OIM) quelque 200 000 femmes et enfants sont victimes de l'esclavage. La pratique des enfants soldats peut également être assimilée à une forme d'esclavage, d'autant qu'à l'emprise psychologique mise en œuvre sur des enfants, s'ajoute la dépendance physiologique obtenue par l'usage de drogues fortes.
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